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La petite revue de presse
de Toussaint Pothin
Semaine du 7 avril 2003
Jean-Claude Guillebaud
s'en prend dans
"Le Nouvel Obs",
aux "messagers du rien" que sont devenus les hommes et femmes politiques :
"Pourquoi donc tous
ces experts en communication qui prospèrent à l'ombre du politique ne se
préoccupent-ils pas plus sérieusement du langage lui-même ? Ils le
devraient. Il faudrait qu'ils admonestent leurs employeurs respectifs en
les mettant en garde contre cette ruine insidieuse du discours que tout
citoyen finit, tôt ou tard, par intérioriser, fût-ce à son insu. Le
discrédit de la classe politique n'est peut-être pas sans rapport avec et
appauvrissement subliminal de la parole.
Aujourd'hui, on note
un retour en force de l'expression "faire en sorte que". Martine Aubry,
lorsque la gauche était en majesté, n'articulait jamais une seule phrase
sans proclamer son ardente volonté de "faire en sorte que". Jean-Pierre
Raffarin a pris el relais avec une ardeur saisissante. Chacune de ses
interventions abrite désormais une bonne poignée de "faire en sorte" dont
c'est peu de dire qu'ils sonnent creux. Répéter qu'on va "faire en sorte",
c'est enrober confusément de flou le verbe faire, un verbe qui appelle
d'ordinaire plus de concrétude."
Gérard Collomb,
à longueur de discours creux où la conviction a cédé la place à la langue
de bois, à longueur d'éditoriaux dans les journaux de propagande que la
Ville édite, Gérard Collomb est devenu un expert en tricherie verbale, au
point qu'on le surnomme "Monsieur-nous-allons…" dans les milieux
économiques lyonnais, premiers déçus du collombisme. Les milieux
culturels, toujours plus lents à la comprenette, sont en train de suivre.
Et si les médias, richement dotés par une municipalité soucieuse de se
faire des amis, réussissent à sortir de leur cage dorée, les jours de
Collomb seront comptés.
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Dans Le Point,
Max Gallo exprime bien le sentiment quasiment général des Français
sur la guerre en Irak (ou contre l'Irak), une guerre ratée, une guerre qui
laissera des traces. Une guerre finalement utile car elle annonce des
ruptures nécessaires, de nouvelles alliances, de nouveaux comportements.
Les guerres ou les révolutions sont malheureusement les seuls moyens
trouvés par les hommes pour sortir de situations bloquées et qui, parfois,
frisent l'ubuesque. Cette guerre entraînera la fin de l'Empire américain,
à peine né. Il nous restera à inventer autre chose. Ça risque de tanguer.
"Cette guerre contre
l'Irak qui va être gagnée sera perdue. La victoire ne conduira pas à la
paix, à la démocratie et à la liberté, mais à d'autres conflits, donc à
des souffrances, à des oppressions et à une militarisation des sociétés.
Les conseillers de
Bush auraient dû méditer quelques leçons historiques de cette vieille
Europe qui est allée de charnier en charnier, de guerre en guerre. Ils
auraient pu lire ce texte où le jacobin Robespierre – hostile à la guerre
en 1792 – déclarait que "les peuples ne croient pas les missionnaires
armés". Ils auraient pu méditer sur le cas Napoléon, qui voulait remodeler
l'Europe et qui a été entraîné par ses victoires, de capitale en capitale,
en soulevant les peuples contre lui. Et même l'histoire de l'URSS est
riche d'enseignement. Staline, bourreau craint par son peuple, massacreur
de centaines de milliers de Russes ou d'Ukrainiens, les rassemble en 1941
d'une poigne de fer en les appelant non plus "camarades" mais "frères et
sœurs".
Est-il temps encore
de changer de cap ? De revenir à la diplomatie, à la négociation, pour
favoriser l'émergence de couches nouvelles aspirant à la démocratie ? La
France a un rôle décisif à jouer avec les nations européennes, à l'ONU."
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Sandrine Boucher
évoque dans une page entière dans
"Le Journal du
Dimanche", les paradoxes de la culture lyonnaise :
"Lyon est la seule grande ville française, à l'exception de
la capitale, qui parvienne à aligner deux orchestres nationaux, un
conservatoire supérieur de musique, un Opéra national doté d'un ballet
connu dans le monde entier, un musée des Beaux-arts, une maison de la
danse et deux biennales de renommée internationale, en danse et en art
contemporain, programmées en alternance. Entre autres…
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