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Thierry Ehrmann, délicieusement virtuel…

 

 

Mi-squale, mi-anguille, ce natif des "poissons' cultive le mystère et la provocation. Au point qu'il est difficile de trouver le juste milieu entre vérité et légende. Ce qui n'a d'ailleurs pas l'air de lui déplaire. Lui qui s'interroge sans doute quelquefois sur la crédulité de ses contemporains et sur les dangers que lui fait courir une mytho-mégalomanie qui lui sert de moteur. Il soigne son look le bougre. Un style d'intermittent de la société du spectacle. Habit noir, costard kif-kif. Mi-pasteur-luthérien évangélisant l'Asie du Sud-Est. Une espèce de samouraï des temps modernes autant qu'incertains.

 

Mes sources manquant d'objectivité, on me pardonnera d'utiliser un "conditionnel présent" très pratique pour montrer les distances que l'on prend avec la vérité officielle. Voilà ce qu'il laisse dire sur lui, mais on n'est pas obligé de tout prendre pour argent comptant : A le croire, son père aurait été un polytechnicien brillant, catho en même temps que franc-maçon. Le petit Thierry aurait été un enfant surdoué, lisant plus que de raison et faisant déjà des multiplications à donner le tournis. Il continue encore à ce jour, au grand dam de ceux qui veulent comprendre quelque chose aux chiffres officiels de ses sociétés. Ado déluré, il aurait quitté le domicile familial à 14 ans pour vivre sa vie en effectuant ça et là des petits boulots. Notre futur génie était bien parti.

 

1980, son père meurt. Voilà Thierry Ehrmann, du haut de ses 18 ans et demi, qui se serait retrouvé à la tête de l'entreprise de son père et d'un joli capital puisqu'il l'aurait revendue dans l'instant. Certains de ses ennemis (lui n'en parle pas dans son CV) racontent que quelque temps plus tard, il aurait monté une agence de pub qui n'aurait pas fait de vieux os, puis une société de services qui disparut corps et âmes inopinément.

 

En 1987, le minitel commence à faire parler de lui. Il est l'un des tout premiers à lancer, avec beaucoup d'affichage sauvage et d'annonces dans la presse gratuite, une messagerie rose qui va faire beaucoup parler d'elle : "La voix du parano", qu'il déclinera avec plusieurs 36.15, le 777 et le 999. Il revendra ça très cher à un mystérieux investisseur parisien. Cela lui donnera l'idée de créer des banques de données thématiques.

 

Il crée "Groupe Serveur". Il joue les pionniers et dérange les corps constitués, institutions corporatistes et monopolistiques. Il accumule les procès. Amoureux d'Art Contemporain, il lance "Artprice.com" sur internet. Il annonce des chiffres mirobolants. La réalité boursière est moins flatteuse. Il parle de lui (pas encore à la troisième personne) et de tout à toute vitesse pour séduire et convaincre. Si l'on est très vigilant, ça risque de ne pas marcher. Sinon, on est sous le charme.

 

Il n'est pas le seul à parler de lui, ses détracteurs sont nombreux. Comme tous les Lyonnais qui dérangent, il fait beaucoup causer. On ne s'étonnera pas que cet empêcheur de penser en rond, ce provocateur breveté SGDG, se soit fait beaucoup d'ennemis, surtout que sa vie privée, qui ne regarde que lui, fait elle aussi jaser le Lyonnais bien-pensant. Surtout qu'il n'hésite pas à en rajouter. Surtout que la rumeur en rajoute encore. Certains n'hésitant pas à dire que notre star du Net ne serait pas si Net que ça.

Il ne manque cependant pas d'amis. Vrais ou faux ? A sa place, on s'interrogerait sur leur niveau de fidélité. On peut imaginer qu'en cas de coup dur, il trouvera moins de monde pour l'écouter avec dévotion. Mais notre guerrier virtuel continue de se battre. Ami récent de Gérard Collomb, il en a profité pour figurer sur les photos du maire, lors de l'intronisation de celui-ci.

 

On le voit, l'homme croit en la communication et en la force des médias. On annonce régulièrement sa déconfiture. Il est toujours là. Au premier rang de la photo de famille.

Keep smiling, Thierry… Keep smiling.

 

Garap

 


A suivre,
Michel Noir : du Parquet aux Planches...


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