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Gérard Angel : Ange ou démon ?
 


Sait-on jamais qui est qui ?


Pour ce qui est de Gérard Angel, on n'est vraiment sûr de rien.
Selon que l'on écoute ses amis ou ses ennemis, là encore il s'agit d'être circonspect (sont-ce de vrais ou de faux amis ? Sont-ce de vrais ou de faux ennemis ? Car dans ce monde de pacotille où le faux-semblant et le trompe l'oeil sont considérés comme vertus cardinales, où l'hypocrisie sert de passeport pour franchir sans encombre les frontières de notre jet-set, il est bien difficile de distinguer le bien du mal, le vrai du faux, l'être du paraître.
Paraître, le maître-mot. Ah ! Paraître dans les échos de "Madame Angèle", même pour y être brocardé, quelle joie, quel honneur, quelle délectation ce fut...). Bref, selon que l'on écoute ses amis ou ses ennemis, l'alphabet ne suffit pas pour vanter ses qualités ou blâmer ses défauts :

Atrabilaire ou Angélique, Bachi bouzouk ou Baba-cool, Calamiteux ou Chaleureux, Démoniaque ou Désopilant, Ecrivaillon ou Erudit, Foireux ou Fidèle, Grotesque ou Généreux, Hypocondriaque ou Humoriste, Invivable ou Impayable, Jocrisse ou Joueur, Kamikase ou Khalife, Lepeniste ou latiniste, Malfaisant ou Malicieux, Négatif ou Narquois, Odieux ou Optimiste, Pessimiste ou Positif, Quelconque ou Quelqu'un, Revanchard ou Ravigotant, Suspect ou Sagace, Tâcheron ou Talentueux, Usé ou Urbain,Vaniteux ou Valeureux, Waterloo ou Wonderful, Xénophobe ou Xénophile, Yoyo ou Yachtman, Zéro ou Zorro...
C'est selon.

Mais comment vraiment savoir qui se cache derrière notre ex-échotier(e), alors que certains se perdent en conjectures sur le sexe de l'Angel(e), homme ou femme, avec ou sans E ?
J'en connais même qui ne se gênent pas pour propager des rumeurs sur les goûts étranges pour le travesti de plume de notre ex-billetiste, aujourd'hui interviewer patenté du Tout Lyon.
Ce qui ne semble pas gêner outre mesure Gérard Angel qui se meut dans ce microcosme avec une telle aisance et un tel naturel qu'il m'arrive de lui en vouloir.
Enfin, il faut bien gagner sa vie et ses besoins sont grands.
Mais aussi, pourquoi a-t-il choisi ce métier de journaliste (chacun sait que l'on n'y gagne pas un sou) et pourquoi n'a-t-il pas embrassé la profession de publicitaire (chacun sait que l'on y fait fortune) où il aurait excellé ?


Dans ce monde de squales de papier, il aurait surnagé, j'en suis certain, tel un poisson volant, l'écaille brillante et la plume acérée.
Il a préféré la fréquentation de la gente politique. Qui ne vaut pas mieux. La médiocrité ambiante ne semble pas trop le gêner. Il préfère s'en amuser et s'en moquer, plutôt que l'agresser et l'anéantir. Il est drôle de voir combien de politiques qui lui servent de têtes de turcs se prétendent ses amis.
Sans doute rêve-t-il parfois de les pourfendre, mais il perdrait ainsi son fonds de commerce et le rôle qu'il s'est choisi dans le théâtre de marionnettes où nous essayons tous de nous mouvoir tant bien que mal.
Sans doute rêve-t-il parfois d'un destin de patron de presse ou d'homme d'affaires influent.
Sans doute rêve-t-il parfois de tout laisser tomber et de partir jouer les Ulysse sur une Mer Egée qu'il dompterait.

Avouez qu'il serait dommage que notre Voltaire local, bien calé dans son fauteuil éponyme, ne puisse plus nous divertir des insuffisances de nos suffisants notables.
A Lyon, Guignol fera longtemps encore recette. A se demander si nous ne faisons pas exprès d'élire les plus mauvais. Histoire de pouvoir les brocarder.
Histoire de permettre aux talents d'Angel(e) de s'exprimer.
Gérard Angel, aujourd'hui, mais qui ne le sait pas, se partage – comment diable fait-il – entre ses rendez-vous radiophoniques sur Radio-Scoop où certains se battent pour être invités, ses rares articles dans Le Progrès, son bateau qui est sa vraie passion et ses foucades limonadières ou boulangères.


On sait également qu'il est un des grands amis de Gérard Collomb avec qui il fit longtemps de la voile, avant que chacun prenne le large de son côté.
Quoiqu'on dise, leur amitié est intacte et solide. Ce qui, l'air de rien, sert de pare-feu au journaliste qui se morfond aujourd'hui dans son placard doré du Progrès.

Garap

 

 

A suivre, Gégé, l'intérimaire...


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