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Les inédits de Jean Couty

Charles Couty ne se lasse pas de faire découvrir
ou redécouvrir l’œuvre de son père. Cet été, il
a rassemblé 76 toiles pour une rétrospective «
Couty, inédit » dans la cadre enchanteur du
château de Vogüé (Ardèche). Outre les thèmes
choisis par Albert Cardinal et les membres du
bureau de l’Association Vivante Ardèche, (comme
« les grands chantiers », « les églises
romanes » ou encore « Couty, humaniste,
l’hommage à Courbet »), des toiles de la
collection Couty de la fondation Léa et Napoléon
Bullukian (qui comporte 19 œuvres), sont
présentées pour la première fois. René
Déroudille, qui fut un très grand critique
d’art, a dressé le portrait de ce maître de la
peinture lyonnaise.
« Peut-on faire appel à des qualificatifs plus ou
moins justes pour célébrer l’œuvre de Jean Couty,
puisqu’elle se veut en marge de toute obédience
afin de participer à des objectifs précis et
ambitieux ? Disons qu’elle manifeste l’aventure du
peintre et rend compte de sa participation aux
aspects les plus importants de notre siècle. Jean
Couty chante, pour tous, la saga d’une époque où
les mutations ont, en peu d’années, apporté des
transformations plus grandes que celles opérées
durant des siècles, avec des moyens inconnus de
nos ancêtres. En peinture, Jean Couty incarne les
moments déterminants de ces chroniques sans qu’à
aucun moment on ne sente passer dans son œuvre les
moindres influences d’une école ou d’une mode. A
Lyon, lion des chapelles et des cénacles, on ne
désire étonner personne. On ne cherche pas à
paraître, ni à se plier à faire le grand écart. On
répugne à jouer le rôle accablant des vedettes, on
tente, avant tout, d’être et de travailler pour
laisser sourdre ce que l’on porte dans son cœur.
Avec l’honnêteté et la franchise caractéristiques
de son œuvre et de la fougue dont sont imprègnés
ces tableaux, Jean Couty demeure le témoin
émerveillé de son siècle, attentif à ses aspects
les plus singuliers. Grâce à ses brosses, à ses
pigments, à la violence contenue, le peintre
lyonnais « demeuré fidèle à ville », impose un
art dont la fidélité à la tradition porte
témoignage d’un langage dont la vérité s’écarte
des paroles vaines pour obéir à la « nécessité
intérieure », la seule en définitive capable de
porter un jugement sur l’histoire et peut-être de
changer de vie. » RD
Du 2 juillet au 1er novembre 2006
Château de Vogué - Ardèche
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